Quel est le féminin de successeur ?

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L’essentiel à retenir : Le féminin de « successeur » n’a pas de forme unique. Utilisez « la successeur » (épicène), préférez « successeure » (recommandé au Québec/Belgique, forme la plus courante selon Google Ngram) ou « successeuse » (Suisse). Le choix dépend du contexte, de la région et des préférences, évitant ainsi les erreurs linguistiques tout en respectant l’évolution de la langue.

Le féminin de successeur divise autant qu’il intrigue : doit-on dire « la successeur », « successeure », « successeuse » ou « successrice » ? Cette pluralité de formes soumet entre tradition grammaticale, égalité linguistique et évolutions régionales. Découvrez pourquoi l’Académie française défend le masculin universel, tandis que le Québec et la Belgique privilégient « successeure » (recommandé par l’OQLF), ou pourquoi la Suisse préfère « successeuse » pour sa sonorité féminine. Le bon usage hésite même entre l’épicène « la successeur » et les périphrases comme « elle me succède ». Explorez les subtilités de la langue française pour choisir la forme adaptée à votre contexte.

  1. Le féminin de successeur : une question sans réponse unique
  2. La position traditionnelle : « successeur » comme nom masculin ou épicène
  3. Les formes féminisées modernes : « successeure », « successeuse » et « successrice »
  4. Les solutions alternatives et le cas de « prédécesseur »
  5. En résumé : comment bien écrire le féminin de successeur ?

Le féminin de successeur : une question sans réponse unique

Trouver le féminin de successeur divise autant qu’il intrigue. Le Dictionnaire de l’Académie française (depuis 1694) valide son usage au masculin pour désigner une femme : « Elle est mon successeur ». Une alternative consiste à utiliser le mot comme épicène, en marquant le genre via un déterminant féminin : « la successeur de la directrice ».

Illustration sur la féminisation de successeur

Pour les formes féminisées, deux options dominent : successeure, recommandée au Québec et en Wallonie-Bruxelles, et successeuse, privilégiée en Suisse. Moins répandue, successrice reste audible mais peu attestée. L’absence de consensus officialise l’usage masculin, tandis que les féminisations répondent à des évolutions sociales. Le choix dépend du contexte et des sensibilités régionales.

La position traditionnelle : « successeur » comme nom masculin ou épicène

L’usage du masculin pour désigner une femme

Le Dictionnaire de l’Académie française considère « successeur » comme un nom masculin, utilisé sans modification pour désigner une femme. Exemple : « Marie Curie fut un grand successeur de son mari dans ses recherches ».

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Cette approche repose sur la dissociation entre le genre grammatical et le sexe de la personne. Ainsi, le mot reste masculin, même s’il désigne une femme.

L’option du nom épicène : « la successeur »

Le Bon Usage autorise l’utilisation de « successeur » comme nom épicène, où le genre est indiqué par le déterminant ou un adjectif féminin. Exemples : « la successeur de la directrice actuelle », « cette talentueuse successeur ».

Selon la grammaire traditionnelle, le nom « successeur » est masculin et peut être employé pour une femme, car le genre du mot n’est pas obligatoirement lié au sexe de la personne.

La forme épicène avec « la successeur » s’accorde avec les règles d’accord des déterminants féminins, comme expliqué dans les fautes d’accord les plus courantes.

Les formes féminisées modernes : « successeure », « successeuse » et « successrice »

Les débats autour de la féminisation des noms de métiers ou de fonctions révèlent une évolution linguistique en lien avec les enjeux sociaux. Le terme « successeur » n’échappe pas à cette dynamique.

« Successeure » : la forme la plus recommandée

Pour répondre à une demande d’égalité linguistique, la forme successeure est privilégiée. L’Office québécois de la langue française la valide, tout comme le guide de féminisation de la Wallonie-Bruxelles. Ce choix s’inspire de modèles existants comme « docteure » ou « professeure ».

Son usage est confirmé par l’analyse de Google Ngram, indiquant une fréquence élevée. Ce suffixe en « -eure » rend le mot épicène, compatible avec un déterminant féminin (« la successeure »).

« Successeuse » : l’alternative audible

En Suisse romande, la Conférence romande des bureaux de l’égalité préfère successeuse. Cette option a l’avantage de marquer clairement la féminisation à l’oral, contrairement à la prononciation identique de « successeur/successeure ».

Elle est régulièrement utilisée dans les médias francophones, illustrant son intégration progressive dans le langage courant.

« Successrice » : la proposition logique mais inusitée

La forme successrice, bien que logique (suivant le modèle « acteur/actrice »), reste marginale. Les données Google Ngram n’enregistrent quasiment aucun usage, ce qui en fait une proposition théorique plutôt qu’effective.

La féminisation des noms de métiers est un processus linguistique en pleine évolution, où l’usage et les recommandations officielles façonnent progressivement la langue de demain.

Moins répandue que ses alternatives, elle illustre les défis liés à l’adoption de nouvelles formes dans un contexte de diversité régionale et de résistance linguistique.

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Forme Statut & Recommandation Avantages Inconvénients
La successeur Usage traditionnel/épicène Neutre et classique Peut être perçu comme non inclusif
Successeure Recommandé au Québec/Belgique Forme la plus répandue, modèle régulier Prononciation identique au masculin
Successeuse Recommandé en Suisse Féminisation audible Moins répandu que ‘successeure’
Successrice Logique mais non usité Suffixe courant (-trice) Non utilisé dans la pratique

Le tableau ci-dessus met en lumière les choix disponibles pour féminiser « successeur ». Successeure émerge comme la forme la plus consensuelle, soutenue par des institutions québécoises et wallonnes. Elle suit une logique de féminisation régulière, comparable à « professeure » ou « docteure ».

En Suisse, successeuse est privilégiée pour sa prononciation distincte. Moins courante, cette forme répond à un besoin de visibilité auditive. Successrice, bien que logique morphologiquement, reste une solution théorique sans usage attesté.

L’utilisation de successeur avec un déterminant féminin (« la successeur ») reste une option neutre, évitant les débats sur la féminisation. Ce choix épicène préserve la clarté tout en marquant le genre féminin syntaxiquement, sans altérer la forme du mot.

Les solutions alternatives et le cas de « prédécesseur »

Utiliser une périphrase pour éviter le mot

Face à l’absence de consensus sur le féminin de « successeur », une solution élégante consiste à reformuler la phrase. Plutôt que de dire « elle est ma successeur », on peut préférer « elle me succède » ou « c’est elle qui prend ma succession ».

Cette approche évite toute ambiguïté linguistique tout en conservant la clarté du message. Elle s’impose souvent dans les contextes formels où la précision l’emporte sur les débats grammaticaux.

Qu’en est-il du féminin de « prédécesseur » ?

La problématique se répète avec « prédécesseur », mot d’origine latine sans féminin historique établi. Comme pour son antonyme, trois stratégies s’offrent à vous :

  • Opter pour la forme épicène : la prédécesseur. Validée par le Grand dictionnaire terminologique de l’OQLF, cette solution associe un déterminant féminin à un mot masculin inchangé.
  • Choisir une féminisation audible : prédécesseuse. Recommandée en Europe francophone, cette forme rend le genre perceptible à l’oral, comme le souligne Antidote HD.
  • Contourner la difficulté : Utiliser le verbe. Exemple : « la personne qui m’a précédé ». Solution neutre appréciée pour son efficacité immédiate.
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Entre tradition et modernité, ces options permettent d’adapter son langage à chaque contexte professionnel, sans compromettre la fluidité du discours.

En résumé : comment bien écrire le féminin de successeur ?

La successeur, forme grammaticalement correcte selon l’Académie française, est un nom épicène utilisable avec un déterminant féminin sans altération orthographique.

Successeure est la forme féminisée la plus répandue, recommandée par l’Office québécois de la langue française et le guide de la Wallonie-Bruxelles. Elle suit le modèle en -e (ex: professeure), largement adopté.

Successeuse, alternative auditive privilégiée en Suisse, reste moins courante. Successrice, bien que rare, est valide pour marquer clairement le genre.

Le choix dépend du contexte : successeure pour sa notoriété, successeuse pour sa sonorité, ou successeur pour un usage neutre. Région et conventions locales influencent la décision finale.

Le féminin de successeur n’a pas de forme unique en français. « La successeur » reste une option académique, « successeure » s’impose en Belgique et au Québec, « successeuse » (Suisse) rend audible la féminisation. Le choix dépend du contexte, des conventions régionales et de l’acceptabilité linguistique.

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