Fable inspirĂ©e d’Esope (« Le Bouvier et HĂ©raklès »). Cet apologue se retrouve dans le « Quart Livre » de Rabelais. Je vous cite cet auteur : « C’ est sottize telle que du charretier, lequel, sa charrette versĂ©e par un retouble (*), Ă genoiltz imploroit l’ayde de Hercule et ne aiguillonnoit ses boeufz, et ne mettoit la main pour soublever les roues » (Rabelais, « Le Quart livre », chap. XXI, in « Ouvres complètes », introduction par Jacques Boulenger, Gallimard, Collection « La PlĂ©iade », 1985, p. 600. (*) GuĂ©ret, terre oĂą il reste du chaume (Rabelais, op. cit., p. 600, note).
Le PhaĂ©ton d’une voiture Ă foin
Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin
De tout humain secours : c’Ă©tait Ă la campagne
Près d’un certain canton de la basse Bretagne,
Appelé Quimper-Corentin.
On sait assez que le Destin
Adresse lĂ les gens quand il veut qu’on enrage :
Dieu nous préserve du voyage !
Pour venir au chartier embourbé dans ces lieux,
Le voilà qui déteste et jure de son mieux,
Pestant, en sa fureur extrĂŞme,
TantĂ´t contre les trous, puis contre ses chevaux,
Contre son char, contre lui mĂŞme.
Il invoque Ă la fin le dieu dont les travaux
Sont si célèbres dans le monde :
«Hercule, lui dit-il, aide-moi. Si ton dos
A porté la machine ronde,
Ton bras peut me tirer d’ici»
Sa prière étant faite, il entend dans la nue
Une voix qui lui parle ainsi :
«Hercule veut qu’on se remue;
Puis il aide les gens. Regarde d’oĂą provient
L’achoppement qui te retient;
Ă”te d’autour de chaque roue
Ce malheureux mortier, cette maudite boue
Qui jusqu’Ă l’essieu les enduit;
Prends ton pic et me romps ce caillou qui te nuit;
Comble-moi cette ornière. As-tu fait ? – Oui, dit l’homme.
– Or bien je vas t’aider, dit la voix. Prends ton fouet.
– Je l’ai pris. Qu’est ceci ? mon char marche Ă souhait.
Hercule en soit loué !» Lors la voix :«Tu vois comme
Tes chevaux aisĂ©ment se sont tirĂ©s de lĂ .Aide-toi, le Ciel t’aidera.»
Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin
De tout humain secours : c’Ă©tait Ă la campagne
Près d’un certain canton de la basse Bretagne,
Appelé Quimper-Corentin.
On sait assez que le Destin
Adresse lĂ les gens quand il veut qu’on enrage :
Dieu nous préserve du voyage !
Pour venir au chartier embourbé dans ces lieux,
Le voilà qui déteste et jure de son mieux,
Pestant, en sa fureur extrĂŞme,
TantĂ´t contre les trous, puis contre ses chevaux,
Contre son char, contre lui mĂŞme.
Il invoque Ă la fin le dieu dont les travaux
Sont si célèbres dans le monde :
«Hercule, lui dit-il, aide-moi. Si ton dos
A porté la machine ronde,
Ton bras peut me tirer d’ici»
Sa prière étant faite, il entend dans la nue
Une voix qui lui parle ainsi :
«Hercule veut qu’on se remue;
Puis il aide les gens. Regarde d’oĂą provient
L’achoppement qui te retient;
Ă”te d’autour de chaque roue
Ce malheureux mortier, cette maudite boue
Qui jusqu’Ă l’essieu les enduit;
Prends ton pic et me romps ce caillou qui te nuit;
Comble-moi cette ornière. As-tu fait ? – Oui, dit l’homme.
– Or bien je vas t’aider, dit la voix. Prends ton fouet.
– Je l’ai pris. Qu’est ceci ? mon char marche Ă souhait.
Hercule en soit loué !» Lors la voix :«Tu vois comme
Tes chevaux aisĂ©ment se sont tirĂ©s de lĂ .Aide-toi, le Ciel t’aidera.»
Phaéton: fils du Soleil ; il demanda et obtint la permission de conduire le char de son père qu’il conduisit trop près de la terre au risque de la brûler ; Jupiter le foudroya. La Fontaine utilise ce nom d’un dieu par dérision.
Quimper-Corentin ou « Quimpercorentin ». C’est à Quimper qu’ont été exilées de nombreuses personnalités de l’époque
Aide-toi..: Ce proverbe existait sous diffĂ©rentes formes bien avant La Fontaine. Pierre Millot dans son livre « Les Fables d’Æsope, traduites fidèlement du grec » datant de 1646 Ă©crit « Aide-toi et Dieu t’aidera ». Jeanne d’Arc reprendra d’ailleurs ce dicton lors de son procès. Nous retrouvons ce proverbe « Aide-toi, le ciel t’aidera » dans l’« Étymologie ou explication des proverbes français » par Fleury de Bellingen en 1646. Mathurin RĂ©gnier (1573 – 1613), dans ses « Satires », XIII Ă©crit « Aidez-vous seulement et Dieu vous aidera ».
Quimper-Corentin ou « Quimpercorentin ». C’est à Quimper qu’ont été exilées de nombreuses personnalités de l’époque
Aide-toi..: Ce proverbe existait sous diffĂ©rentes formes bien avant La Fontaine. Pierre Millot dans son livre « Les Fables d’Æsope, traduites fidèlement du grec » datant de 1646 Ă©crit « Aide-toi et Dieu t’aidera ». Jeanne d’Arc reprendra d’ailleurs ce dicton lors de son procès. Nous retrouvons ce proverbe « Aide-toi, le ciel t’aidera » dans l’« Étymologie ou explication des proverbes français » par Fleury de Bellingen en 1646. Mathurin RĂ©gnier (1573 – 1613), dans ses « Satires », XIII Ă©crit « Aidez-vous seulement et Dieu vous aidera ».
