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Les Médecins
 Livre V - Fable 12

Deux apologues d’Esope sont à la source de la fable-épigramme de La Fontaine : « Le Médecin et le Malade » dont le fabuliste tirera la répartie finale ainsi que « Le Malade et le Médecin » dans lequel  La Fontaine a retenu le médecin Tant-mieux. Mais il est certain que le poète a aussi lu « Le Page disgracié » de Tristan l’Hermite. Le grand chambellan de Louis XI y écrit quelques lignes qui ont certainement influencé notre auteur : « Les plus excellents médecins furent appelés à sa maladie ; et comme ceux de cette profession ne s’accordent jamais guère en leurs jugements, ils donnèrent des avis différents sur la manière de le traiter durant son mal et ne cessèrent pas leur dispute après qu’il eut cessé de vivre. » (Plon, 1898, p. 34-35).
Le thème de la prétention et de l’irresponsabilité des médecins (voir vers 9 et 10) est très porteur à l’époque. Rappelons-nous simplement « L’Amour médecin » (1665) ou « Le Médecin malgré lui » (1666). Pensons également à la « Lettre contre les Médecins » de Savinien de Cyrano de Bergerac.

Le médecin Tant-pis allait voir un malade
Que visitait aussi son confrère Tant-mieux.
Ce dernier espérait, quoique son camarade
Soutînt que le gisant irait voir ses aïeux.
Tous deux s'étant trouvés différents pour la cure,
Leur malade paya le tribut à Nature,
Après qu'en ses conseils Tant-pis eut été cru.
Ils triomphaient encor sur cette maladie.
L'un disait : «Il est mort ; je l'avais bien prévu.
- S'il m'eût cru, disait l'autre, il serait plein de vie.»

Espérait: Gardait espoir.

Le gisant: Du verbe « gésir ». Signifie littéralement celui qui est couché, sans mouvement. Le terme n’a rien à voir ici avec la sculpture funéraire représentant un personnage étendu.

Voir ses aïeux: Allait mourir. A rapprocher de « Mes chers enfants, dit-il, je vais où sont nos pères. » (« Le Vieillard et ses Enfants », Livre IV, fable 18, vers 28).

Différents pour la cure: Etaient d’un avis différent en ce qui concerne la cure à suivre.

Paya le tribut à Nature: Mourut tout naturellement.

Sur: Au sujet de.

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W. Aractingy 100 x 100 cm, Mars 1995

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