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la Fortune et le jeune Enfant
 Livre V - Fable 11

Comme pour de nombreuses fables de ce livre, c’est Esope, avec son poème La Fortune et le jeune Enfant » qui a inspiré La Fontaine. Ce dernier a probablement pu lire le texte de Mathurin Régnier (1573-1613) sur le même thème (à ceci près que le neveu de Desportes fait intervenir le malheur au lieu de la fortune : « Le malheur / Trouvant au fond d’un puits un enfant endormi... » (voir Régnier, « La folie est générale », quatorzième satyre). Chez Régnier, l’enfant reçoit une remontrance particulièrement sévère. Nous pouvons rapprocher cette fable - et plus particulièrement la remontrance que nous trouvons dans une autre histoire, « L’enfant et le Maître d’école », aux vers 10 à 17 : « Le Magister, [...] / De le tancer : « Ah ! le petit babouin ! / Voyez, dit-il, où l’a mis sa sottise ! / Et puis, prenez de tels fripons le soin. / Que les parents sont malheureux qu’il faille / Toujours veiller à semblable canaille ! / Qu’ils ont de maux ! et que je plains leur sort. »

            Sur le bord d'un puits très profond
            Dormait, étendu de son long,
            Un enfant alors dans ses classes.
Tout est aux écoliers couchette et matelas.
            Un honnête homme, en pareil cas,
            Aurait fait un saut de vingt brasses.
            Près de là, tout heureusement,
La Fortune passa, l'éveilla doucement,
Lui disant : «Mon mignon, je vous sauve la vie;
Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi;
            Cependant c'était votre faute.
            Je vous demande, en bonne foi,
            Si cette imprudence si haute
Provient de mon caprice.» Elle part à ces mots.

            Pour moi, j'approuve son propos.
            Il n'arrive rien dans le monde
            Qu'il ne faille qu'elle en réponde :
            Nous la faisons de tous écots;
Elle est prise à garant de toutes aventures.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures,
On pense en être quitte en accusant son sort :
            Bref, la Fortune a toujours tort

Dans ses classes: Un enfant qui va encore à l’école. Il dormait ! Mais, ironie, que faire d’autre à l’école ?

Un honnête homme: Homme du monde parfait, cultivé, raisonnable, le type idéal de l'époque classique.

La brasse, cette ancienne mesure de longueur, vaut environ 1,62 m.

Fortune: La déesse du destin chez les Romains.

Garant: Responsable.

Mesures: Précautions.

La Fortune a toujours tort: « On a toujours raison, le destin toujours tort. » (« L’ingratitude et l’injustice des Hommes envers la Fortune », vers 46).

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ancre





W. Aractingy 100 x 100 cm, décembre 1994

Voyez aussi cette fable illustrée par: