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Philomèle et Progné
 Livre III - Fable 15

Esope a déjà raconté cette histoire dans « Le Rossignol et l’Hirondelle ». La légende grecque sera ensuite transmise bien des fois à commencer par Ovide. Ce poète latin en fera état dans ses « Métamorphoses » (livre VI). Divers auteurs y feront allusion par la suite le poète et disciple de Malherbe François Maynard, un autre disciple de Malherbe Honorat de Beuil, seigneur de Racan, Théophile de Viau,... Pour bien comprendre cette fable, il convient de connaître au moins les grandes lignes de la légende de Progné et de Philomèle. Cette dernière a été violée par son propre beau-frère, Térée, roi de Thrace. Pour que la jeune femme ne puisse pas parler, Térée lui coupera la langue. Mais elle fera connaître sa mésaventure en la brodant sur une tapisserie. Sa sœur Progné, épouse de Térée, la vengera en faisant tuer le fils du roi et en le lui servant à manger lors d’un festin. Les dieux changeront Philomèle en hirondelle, Progné en rossignol et Térée en huppe. Il faut souligner qu’une fausse interprétation de la légende, basée sur l’ étymologie du nom « Philomèle » fait de celle-ci un rossignol et de Progné une hirondelle. C’est cette tradition erronée que suivra La Fontaine pour écrire cette fable.

            Autrefois Progné l'hirondelle
            De sa demeure s'écarta,
            Et loin des villes s'emporta (1)
Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle.
«Ma soeur, lui dit Progné, comment vous portez-vous?
Voici tantôt mille ans que l'on ne vous a vue:
Je ne me souviens point que vous soyez venue,
Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.
            Dites-moi, que pensez-vous faire?
Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire?
-Ah! reprit Philomèle, en est-il de plus doux?»
Progné lui repartit: «Eh quoi? cette musique,
            Pour ne chanter qu'aux animaux,
            Tout au plus à quelque rustique? (2)
Le désert est-il fait pour des talents si beaux?
Venez faire aux cités éclater leurs merveilles.
            Aussi bien, en voyant les bois,
Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois,
            Parmi des demeures pareilles,
Exerça sa fureur sur vos divins appas. (3)
- Et c'est le souvenir d'un si cruel outrage
Qui fait, reprit sa soeur, que je ne vous suis pas:
            En voyant les hommes, hélas!
            Il m'en souvient bien davantage.»

(1) Se déplaça.
(2) Campagnard, paysan.
(3) C’est dans une forêt que Térée violenta sa belle-sœur.

ancre





W. Aractingy 76 x 61 cm, Juin 1994

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