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Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe
 Livre II - Fable 3

La fable initiale, celle d’Esope, ne nous est pas parvenue. Nous connaissons seulement celle de Phèdre (« Le Loup et le Renard plaidant devant le Singe »), inspirée du fabuliste grec. La morale en était « On ne croit point le menteur, lors même qu’il dit vrai ». C’est cette version qui donnera inspiration à La Fontaine.
On avait reproché au fabuliste français de ne pas avoir assez suivi Esope dans « La Mort et le Malheureux » (Livre I, fable 15, voir l’introduction de cette fable). La critique inverse sera émise au sujet de celle-ci, celle d’ avoir suivi Esope jusque dans ses absurdités. La Fontaine répondra Quelques personnes de bon sens ont cru que l'impossibilité et la contradiction qui est dans le jugement de ce singe était une chose à censurer mais je ne m'en suis servi qu'après Phèdre ; et c'est en cela que consiste le bon mot, selon mon avis. »
Nous trouvons ici à la fois l’ironie désabusée de La Fontaine envers la justice ainsi que son pessimisme. Rappelons que La Fontaine connaissait bien la justice, lui qui avait eu affaire à elle. Cette fable ne prolonge-t-elle pas « Les Frelons et les Mouches à miel » (Livre I, fable 22) ? Mais cette fois, le juge voit clair.

Un loup disait que l'on l'avait volé.
Un renard, son voisin, d'assez mauvaise vie,
Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.
Devant le singe il fut plaidé,
Non point par avocat, mais par chaque partie,
Thémis n'avait point travaillé
De mémoire de singe à fait plus embrouillé.
Le magistrat suait en son lit de justice.
Après qu'on eut bien contesté,
Répliqué, crié, tempêté,
Le juge, instruit de leur malice,
Leur dit: "Je vous connais de longtemps, mes amis,
Et tous deux vous paierez l'amende;
Car toi, loup, tu te plains, quoiqu'on ne t'ait rien pris
Et toi, renard, as pris ce que l'on te demande."
Le juge prétendait qu'à tort et à travers
On ne saurait manquer, condamnant un pervers.
NOTE

Quelques personnes de bon sens ont cru que l'impossibilité et la contradition qui est dans le jugement de ce singe était une chose à censurer : mais je ne m'en suis servi qu'après Phèdre ; et c'est en cela que consiste le bon mot, selon mon avis. La Fontaine


Appelé : cité devant le juge.

Il fut plaidé: Pour « on plaida ».

Thémis, porteuse du glaive et de la balance, était le déesse de la justice chez les Grecs.

En son lit de justice: Il s’agit d’une séance du Parlement lorsqu’elle est présidée par le roi ; mais ici, La Fontaine ironise et se moque de la paresse du juge.

Leur malice: De la méchanceté de l’un comme de l’autre.

As pris: Pour : « Tu as pris ce qu’on te demande ».

On ne saurait manquer: On ne peut commettre une erreur.

Fin de la fable: Ces deux derniers vers sont absents de la copie manuscrite de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Il est possible que La Fontaine les ait ajouté suite aux critiques dont il est question dans la présentation de la fable.

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W. Aractingy 81 x 100 cm, Avril 1994

Voyez aussi cette fable illustrée par: