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Philémon et Baucis
Livre XII - Fable 25
Japet: Prométhée
Les favoris des rois: Voir Horace, « Epîtres », I, 10, vers 32, 33.
La Fortune vende ce qu'on croit qu'elle donne: Nous retrouvons cette pensée, issue d'Epicharme (« Les dieux nous vendent tous les biens qu'ils nous donnent »), chez Montaigne : «'Les dieux nous vendent tous les biens qu'ils nous donnent', c'est-à-dire ils ne nous en donnent aucun pur et parfaict, et que nous n'achetons au pris de quelque mal. » (« Montaigne - OEuvres complètes », Albert Thibautet et Maurice Rat, NRF, Bibliothèque de la Pléïade, 1962, « Essais », 2, 20, p. 655) ou chez Voiture (« OEuvres »).
Le but: La fin de son existence.
Hyménée: La divinité grecque qui présidait au mariage.
Hymen: Mot poétique pour dire le mariage.
Clothon Une des trois Parques. Elle file le cours de la vie. Ici, elle prend plaisir à prolonger la vie du vieux couple.
Cette engeance: Cette espèce. Le terme est bien entendu péjoratif.
Le dieu de l'éloquence: Mercure, cité plus bas dans le texte (vers 37 et 97).
Les pénates sont les autels dressés à l'intérieur des maisons. Des pénates d'argile indiquent des statuettes en cette matière et montrent la pauvreté du couple.
La Fortune: Au sens classique du terme, signifie le sort.
Ais: Planche de bois brute et non rabotée.
En égala: En équilibra les pieds.
Escabelle: Petit siège sans bras et sans dossier supporté par trois pieds ou par des planches divergentes.
Céres: Déesse des moissons chez les Romains (la Déméter grecque). Les dons de Cérès représentent donc le pain.
Se dessiller : ciller signifie coudre les paupières (d'un oiseau de proie) ; dessiller veut donc dire rendre la vue ; ici, « leur yeux s' ouvrirent à la réalité ».
Sur leurs pôles assis: Voir Homère « Iliade », chant 1, vers 528-530 Horace, « Odes », livre III, 1, vers 5-8, Ovide, « Métamorphoses », livre I, vers 177-180. La Fontaine a écrit précédemment (voir « Poème du Quinquina », chant II : Jupiter crut Momus : il fronça les sourcils : / Tout l'Olympe trembla sur ses pôles assis ».
Privée: Apprivoisée. Chez Ovide (« Métamorphoses » livre VIII, vers 684), il ne s'agit pas d'une perdrix mais d'une oie.
La volatile: Voir « Les deux Pigeons » (Livre IX, fable 2, vers 56 « La volatile malheureuse » et « Le Milan, le Roi et le Chasseur » (Livre XII, fable 12, vers 87) : « Tantôt humains, puis volatiles ». Richelet écrit ce substantif féminin (à l'époque) « volatille ». -Furetière appelle volatile les oiseaux que l'on sert à table.
Et déjà les vallons / Voyaient l'ombre en croissant tomber du haut des monts: Le vers est imité des « Bucoliques » de Virgile : « Et voici qu'au loin la fumée monte au toit des fermes, et que du haut des monts l'ombre tombe et s'allonge » (1ere églogue, dernier vers) (« Virgile - Les Bucoliques - Les Géorgiques », traduit et annoté par Maurice Rat, GF - Flammarion, n° 128, 1967, p. 36).
Jupin est le surnom familier, souvent employé dans les Fables, de Jupiter.
Les vapeursLes nuages qui vont punir les habitants.
Les autansCe mot provençal signifie de fort vents du sud-ouest soufflant, entre autres, sur la Languedoc. Ici, il s’agit de fort vents de tempête.
Se hâtantsLe pluriel en « s » est maintenu pour la rime.
Aux: En. Zeuxis est un peintre grec de la seconde moitié du Ve siècle avant J.-C. Il est considéré comme un novateur. - Apelle est le portraitiste d' Alexandre le Grand (IVe siècle av. J.-C).
L'Olympe: Le ciel, séjour des dieux.
Sur les: Aux.
Un vain et triste office: Lors de leurs funérailles.
Les hosties, c'est-à-dire les victimes expiatoires.
Terme de la même famille que « année ». Il s'agit de récits historiques contés par année.
Clio est, dans la mythologie grecque, la Muse de la Poésie épique et de l'Histoire.
Ancien mot pour louange. Nous avons déjà trouvé ce terme dans «Les Compagnons d'Ulysse » au Livre XII, fable 1, vers 104 : « Tousrenonçaient au lôs des belles actions ».
« Que sur nous ils n'attentent » : qu'ils ne nous portent pas atteinte.
Le sacré vallon est le lieu habité par les Muses mais, ici, il s'agit du château d'Anet dans lequel Vendôme réunissait les artistes de son temps. Ce château avait été construit par Henri II pour sa favorite, la belle Diane de Poitiers. On peut penser aussi au château de Foucquet où le surintendant général, avant sa déchéance et son emprisonnement, recevait les artistes - dont La Fontaine, le fidèle pour toujours - suscitant ainsi la jalousie de Louis XIV. Les fêtes de Vaux restent célèbres et ont été chantées par le fabuliste (voir « La Fontaine - Ouvres diverses », édition établie et annotée par Pierre Clarac, « Les merveilles de Vaux », NRF, Bibliothèque de la Pléiade, 1968, p. 491-sq).
W. Aractingy
Voyez aussi cette fable illustrée par: