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Le Rat et l'Eléphant
 Livre VIII - Fable 15

L’écrivain latin Phèdre, (en latin Caius Julius Phaedrus -Macédoine vers 10 av. J.-C. - vers 54 apr. J.-C. ), auteur de fables imitées d'Ésope. a écrit un texte dans lequel un âne se compare à un sanglier (ou plus exactement, compare son sexe au groin du cochon sauvage) et l'appelle frère. Le Maître de Sacy (directeur spirituel des religieuses de Port-Royal, il s’appelait en fait Isaac Lemaistre - 1613-1684) réécrivit l’histoire en faisant intervenir un rat qui se compare, par la queue et la trompe, à un éléphant. Ici aussi, le rat appelle l'éléphant son frère, à la grande colère de celui-ci. L’abbé de Saint-Ussans s’emparera de la fable ainsi modifiée. Il la fera paraître en vers. Il ne restera à La Fontaine qu’à la retoucher et à y ajouter l’élégance propre au fabuliste de Château-Thierry ainsi qu’un dénouement particulièrement original.

Se croire un personnage est fort commun en France :
            On y fait l'homme d'importance,
            Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois.
            C'est proprement le mal françois :
La sotte vanité nous est particulière.
Les Espagnols sont vains, mais d'une autre manière :
            Leur orgueil me semble, en un mot,
            Beaucoup plus fou, mais pas si sot.
            Donnons quelque image du nôtre,
            Qui, sans doute, en vaut bien un autre.

Un rat des plus petits voyait un éléphant
Des plus gros et raillait le marcher un peu lent
            De la bête de haut parage,
            Qui marchait à gros équipage.
            Sur l'animal à triple étage
            Une sultane de renom,
            Son chien, son chat et sa guenon,
Son perroquet, sa vieille et toute sa maison,
            S'en allait en pèlerinage.
            Le rat s'étonnait que les gens
Fussent touchés de voir cette pesante masse:
«Comme si d'occuper ou plus ou moins de place
Nous rendait, disait-il, plus ou moins important!
Mais qu'admirez-vous tant en lui, vous autres hommes?
Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants?

Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes,
            D'un grain moins que les éléphants.»
            Il en aurait dit davantage;
            Mais le chat, sortant de sa cage,
            Lui fit voir en moins d'un instant
            Qu'un rat n'est pas un éléphant.

Un personnage:  important, bien sûr.

Le terme ‘françois’ pour ‘français’ est conservé ici, pour la rime.

De haut parage: De noble naissance.

A triple étage: L’animal, celui qu’il transporte et le baldaquin.

Sa vieille: Les jeunes filles de familles nobles étaient suivies, pas à pas, d’une personne, la duègne, chargée de veiller sur leurs rencontres.

Nous ne nous prisons pas:  Nous ne nous apprécions pas.

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ancre





W. Aractingy

Voyez aussi cette fable illustrée par: