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Le Lièvre et la Perdrix
 Livre V - Fable 17

Bien sûr, La Fontaine cite Esope comme inspirateur de sa fable. Pourtant, comme chaque fois que le poète s’appuie ouvertement sur le Grec, nous devons aller voir plus loin : ici encore, la fable est en réalité inspirée par le fabuliste latin Phèdre (« Le Moineau et le Lièvre »).
Peut-être devons-nous voir dans cet apologue une allusion aux tribulations et disgrâces de Fouquet mais aussi aux soucis et aux incertitude de la condition humaine.
Il convient de noter qu’une autre version de la fable, écrite par Abstémius, a certainement été connue de La Fontaine.

Il ne se faut jamais moquer des misérables,
Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ?
            Le sage Ésope dans ses fables
            Nous en donne un exemple ou deux.
            Celui qu'en ces vers je propose,
            Et les siens, ce sont même chose.

Le lièvre et la perdrix, concitoyens d'un champ,
Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille,
            Quand une meute s'approchant
Oblige le premier à chercher un asile :
Il s'enfuit dans son fort, met les chiens en défaut,
            Sans même en excepter Brifaut.
            Enfin il se trahit lui-même
Par les esprits sortants de son corps échauffé.
Miraut, sur leur odeur ayant philosophé,
Conclut que c'est son lièvre, et d'une ardeur extrême
Il le pousse; et Rustaut, qui n'a jamais menti,
            Dit que le lièvre est reparti.
Le pauvre malheureux vient mourir à son gîte.
            La perdrix le raille et lui dit :
            «Tu te vantais d'être si vite !
Qu'as-tu fait de tes pieds ?"Au moment qu'elle rit,
Son tour vient; on la trouve. Elle croit que ses ailes
La sauront garantir à toute extrémité;
            Mais la pauvrette avait compté
            Sans l'autour aux serres cruelles .

Les quatre premiers vers: Etrange ! Nous retrouvons ces quatre mêmes vers au début d’une autre fable non publiée du vivant de La Fontaine « Le Renard et l’Ecureuil ». Ce dernier poème n’a pas été publié du vivant du fabuliste, probablement à cause des allusions précises à l’ancien surintendant général des Finances, Fouquet, dont l’écureuil était l’emblème.

Fort: Richelet écrit à propos de fort : « Terme de chasse, buisson fort et épais où quelques bêtes de chasse se retirent. »

Met les chiens en défaut: Terme de vénerie signifiant que les chiens ont perdu la piste du lièvre.

Brifaut: Nous retrouvons ce nom de chien dans « Le Chat et le Renard » (Livre IX, fable 14, vers 27).

Il le pousse:  Il le poursuit.

L'autour: Grand rapace diurne des régions tempérées de l’hémisphère nord, de la famille des accipitridés, très apprécié en fauconnerie.

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ancre





W. Aractingy 81 x 100 cm, Juillet 1993

Voyez aussi cette fable illustrée par: