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Ls nouveaux contes.
Publiés sans achevé d'imprimer, privilège ni permission en 1674.

Comment l'esprit vient aux filles
Le Troqueurs
Le cas de conscience
Le Diable de Papefiguière
Féronde ou le purgatoire
Le Psautier
Le Roi Candaule et le maître en droit
Le Diable en enfer
La Jument du compère Pierre
Paté d'anguille
Le Lunettes
Janot et Catin
Le Cuvier
La Chose impossible
Le Magnifique
Le Tableau


Janot et Catin


J’ai composé ces stances en vieil style, à la manière du blason des fausses amours, et de celui des folles amours dont l'auteur est inconnu. Il y en a qui les attribuent à l'un des Saint-Gelais. Je ne suis pas de leur sentiment, et je crois qu'ils sont de Crétin.
Un beau matin,
Trouvant Catin
Toute seulette,
Pris son tétin
De blanc satin,
Par amourette:
Car de galette,
Tant soit mollette,
Moins friand suis pour le certain.
Adonc me dit la bachelette:
Que votre coq cherche poulette;
Ici ne fera grand butin.

Telle censure
Ne fut si sure
Qu’elle espéroit:
De ma fressure
Dame Luxure
Jà s'emparoit.
En tel détroit
Mon cas estoit,
Que je quis meilleure aventure:
Catin ce jeu point n'entendoit;
Mieux attaquois, mieux défendoit;
Dont je souffris peine très dure.

Pendant l’étrif ,
D'un ton plaintif
Dis chose telle:
Las moi chétif,
En son esquif
Charon m'appelle.
Cessez donc belle
D’être cruelle
A cetuy votre humble captif,
Il est à vous, foie et ratelle .
Bien grand merci, répondit-elle;
Besoin n'ai d'un tel apprentif.

JANOT
Je vous affie
Et certifie
Que quelque jour
J'ai bonne envie
Ne vous voir mie
Dure à l'étour :
Le dieu d'amour
Sait plus d'un tour;
Que votre cœur trop ne s'y fie;
Car quant à moy j'ay belle paour
Qu'à vous férir n'ait le bras gourd;
Le contemner est donc folie.

CATIN
Vous n'avez pas
Bien pris mon cas
Ne ma sentence ;
De tomber, las,
D'amour ès lacs
Ne fais doutance.
Mais telle offense,
En conscience ,
Ne commettrois pour cent ducats:
Que ce soit donc votre plaisance,
De me laisser en patience,
Et de finir cet altercas.

JANOT
Alors qu'on use
De vaine excuse
C'est grand défaut;
Telle refuse,
Qui après muse,
Dont bien peu chault:
Car point ne fault
Tout homme caut
A chercher mieux quand on l'amuse;
Dont je conclus qu'en amours faut
Battre le fer quand il est chaud,
Sans chercher ni détour ni ruse.

Onc en amours
Vaines clamours
Ne me reviennent;
Roses et flours,
Tous plaisans tours,
Mieux y conviennent:
Assez tost viennent,
Voire et proviennent
Du temps qu'on perd douleurs et plours:
Tant que tels cas aux gens surviennent,
C'est bien raison qu'ils entretiennent
En tout déduit leurs plus beaux jours.

Ainsi preschois,
Et j'émouvois
Cette mignonne;
Mes mains fourrois,
Usant des droits
Qu'Amour nous donne.
Humeur friponne
Chez la pouponne
Se glissa lors en tapinois.
Son œil me dit en son patois:
Berger berger, ton heure sonne;
J'entendis clair, car il n'est homme
Plus attentif à telle voix.
Ami lecteur qui ceci veois,
Ton serviteur qui Jean se nomme
Dira le reste une autre fois.
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ancre







W.Aractingi