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Gustave Doré est né à Strasbourg,
le 6 janvier 1832. A 5 ans, il dessine tout ce qu'il voit et tout ce qu'il entend. A 8
ans, il compose sa première histoire visuelle (un voyage aux enfers). La famille Doré
est divisée: le père, polytechnicien, rêve pour son fils d'études brillantes, la mère
est en adoration devant le génie naissant de son fils. Un compromis est trouvé: Gustave
ira au lycée Charlemagne et il dessinera. A 20 ans, il redécouvre et remet au goût du
jour la gravure sur bois. Il boulverse le rapport existant entre l'artiste et le graveur:
il ne dessine plus à la mine de bois, il jette son dessin au lavis ou à la gouache, et
il demande au graveur de l'interpréter, en étant fidèle, non pas au trait, mais au
mouvement, à la lumière, au sens. En 1868, Doré découvre Londres à l'occasion du
vernissage d'une exposition qui lui est consacré. En 1869, la 'Doré Galery' déménage.
Elle restera ouverte 24 ans et recevra deux millions et demi de visiteurs. Abattu par les
défaites françaises contre la Prusse et par les événements de la Commune, Doré
s'installe à Londres où il passera toute l'année 1871. Sa mère meurt en mars 1881. Il
ne s'en remettra pas. Le 14 Janvier 1883, il donne à ses amis un dîner fabuleux. Sur la
table, des roses blanches et des lilas blancs, comme pour un repas de deuil. A la fin du
repas, il prononce une oraison funèbre. Il meurt 9 jours plus tard, le 23 Janvier 1883,
emporté par une crise cardiaque.
Illustrateur,
dessinateur, graveur, peintre, sculpteur, Gustave Doré a laissé derrière lui une oeuvre
considérable. Dans son CATALOGUE DE L'OEUVRE COMPLETE DE GUSTAVE DORE publié en 1931,
Henri Leblanc a recensé 9850 illustrations, 68 titres de musique, 5 affiches, 51
lithographies originales, 54 lavis, 526 dessins, 283 aquarelles, 133 peintures, 45
sculptures...C'est dans l'illustration d'oeuvres littéraires que Doré a le plus brillé.
Il illustre le Rabelais 1854. C'est un succès extraordinaire. L'année suivante, il
illustre de 425 dessins et vignettes les Contes Drôlatiques de Balzac. En 1861, il
illustre l'ENFER de Dante. Il continue, illustrant ainsi, avec une imagination fertile,
plus de 120 oeuvres dont quelques uns des chefs d'oeuvres de la littérature: LES CONTES
DE PERRAULT (1862), DON QUICHOTTE (1863), LE PARADIS
PERDU (1866), LA BIBLE (1866), LES FABLES DE LA FONTAINE (1867), deux autres parties de la
DIVINE COMEDIE de DanteSi son succès en tant qu'illustrateur a été immense et sa
renommée mondiale, il n'en est pas de même de ses peintures. Sa peinture n'était pas
appréciée. Ce n'est qu'à la fin de sa vie que ses aquarelles auront un certain succès.
(SOURCE: LONDRES DE G DORE, présenté par Bernard Noël.)